« La Grande Beune », Pierre Michon.

Au début des années 60, le narrateur, jeune instituteur de 20 ans, débarque à Castelnau, un petit village de Dordogne que nourrit, dans tous les sens du terme, la Grande Beune, cette rivière poissonneuse et sombre qui coule en contrebas. Pas loin, les Grottes de Lascaux s’ajoutent à ce paysage presque symbolique.

Il loge à l’auberge, chez Hélène puis fait bientôt la connaissance d’Yvonne, la belle vendeuse de tabac. Une reine.

Dans cet univers animal, fait de mâles et de femelles, de chasseurs et de mères, l’instituteur laisse libre cours à ses fantasmes, multipliant les rêveries érotiques que suscitent les apparitions d’Yvonne, celle qui tente d’être une femme jusqu’à traîner ses talons aiguilles dans la boue. Celle qui, comme une apparition, se met sur son « 31 » pour un coït brutal consommé au fond d’une grange humide.

Mais sous le couvert de cette histoire simple, celle du désir qui se joue et se rejoue à l’infini depuis la nuit des temps, Pierre Michon nous livre, dans une langue flamboyante et érudite, une fable sur l’origine du monde (titre d’ailleurs envisagé initialement).

Personnages, animaux et décors s’emmêlent alors dans ce fabliau contemporain, libérant une vaste métaphore du commencement : tel un peintre retournant aux gestes de bases, l’auteur, dans un entrelacement de gestes et de visions, convoque les sens et les instincts, le désir et le plaisir. Les fantasmes du narrateur viennent se rejouer sur les murs des grottes, toiles rugueuses sur lesquelles les premiers hommes « dans une écriture faite de bêtes que nous ne pouvons pas lire » écrivirent les premiers mythes.

Sur cette terre ancestrale, creusée de trous féconds où jaillirent les premiers gestes artistiques, sur les rives de cette Beune, ventre sombre et nourricier, mêlant dans un même emballement sensuel et jouissif le crissement des bas nylons, la chair dépecée d’une grue ou le repos des rennes en transhumance, Pierre Michon nous livre un monde de « chair blanche », celui qui jaillit de « ce qui pousse au ventre ».

Chair brutalisée, « chair de soie », chair désirable, chair animalisée ou fardée, Pierre Michon nous livre la beauté primitive du désir.

« Cosmétique du chaos », Espedite

« Même les pires délinquants renoncent à se tatouer la face. Le visage est la clé de ton existence et tu le sais. Il faut que tu saches t’en servir, que tu assumes et puisses te regarder dans un miroir sans sourciller. C’est ainsi que tu trouveras ta place dans la société, et aussi, un job. »

Dans un monde dystopique où le visage seul donne droit à l’existence, à l’intérieur de cette société où les « soldats de l’optique » veillent à « l’ordre scopique », une femme, remodelée, visage et sexe, pour retrouver un emploi et une vie sociale normalisée, va rentrer en dissidence.

Son corps, scanné, observé, évalué, devient un espace chaotique dans lequel elle va tenter de trouver sa liberté intime.

Chair médicalisée, boursouflée, couturée, la peau s’étale sur ce corps dans lequel cette femme se sent étrangère.

Il y a pourtant beaucoup de poésie dans cette errance charnelle : la langue d’Espedite, inventive et créatrice, se fait le reflet des hallucinations visuelles à travers lesquelles son personnage voit désormais les visages et les espaces qui l’environnent.

Elle traverse ainsi une sorte de « bad trip », dans lequel les faciès perdent leurs contour, liberté ultime et indécente d’une femme révulsée par sa nouvelle corporéité.

« Tu prends sur toi, ingurgites ton énième verre d’un geste furtif et te diriges vers les autres. Tu les aperçois à peine. Scalpés de leur faciès, les corps perdent face. (…) Tu es perdue au milieu de la jungle. Sur le qui-vive, à l’affût du moindre détail pouvant t’indiquer à qui tu t’exposes, tu fouines, tu rumines, tu évolues à pas de loup, tu fourrages, tu fougères, tu fauves, épies prédatrice, traques et peines à découvrir les silhouettes tapies dans le décor ».

Ecrit à la deuxième personne, le récit, par ce choix de conjugaison, place le lecteur dans une position de voyeur : la forme de ce bref roman l’oblige à observer, à scruter la rébellion nauséeuse, embrumée et incontrôlable de cette chair iconoclaste et le mène parfois au bord du malaise.

Visage redessiné au scalpel, fardé sous le voile. Voilé aussi le miroir aux reflets démoniaques, corps corrompu par sa propre chair, colonie dévastée par le bistouri qu’il faut reconquérir à coups de sourires falsifiés décochés au psychologue ou à la conseillère de Pôle Emploi.

C’est notre identité profonde et notre liberté ontologique qui sont mises en jeu dans ce texte dans lequel surnage cependant, plus forte que tout, la fantaisie d’être soi.

Ainsi la rencontre entre cette femme au regard diffracté et cet aveugle masqué derrière ses lunettes noires, rapprochement valsé de deux insolences pirates.

« Tu mets un moment à prendre la mesure de la révélation : un aveugle te fait face. Tu te sens d’abord stupide, mais peu à peu la découverte te transporte. Tu te résous à relever la tête et à ne rien censurer de tes visions. Ainsi ta vue fouille-t-elle son visage. (…) L’abîme de ses césures lumineuses rédime ton regard, tu vertiges dans sa peau vaseuse, te pores dans ses lignes inchoatives. De joie tes mains trouvent les siennes. Il n’osait l’espérer. »

Dans une langue ciselée, en perpétuelle métamorphose, créant une chorégraphie de mots devenus verbes au gré de son inventivité libérée, Espedite dessine les contours et la chair de ce que l’on appelle « prendre corps ».

« La Maison », Emma Becker

J’ai refermé le livre d’Emma Becker, après un mois de lecture. Une inhabituelle lenteur sur laquelle je me suis interrogée. Y avait-il une distance entre le livre et moi que je ne parvenais pas à parcourir pour me serrer au plus près des mots ? Comme pour une dégustation, je buvais à petites doses, parfois juste un paragraphe, et je quittais l’ouvrage, remplie de douceur et de bien-être.

Alors j’ai compris que, comme l’auteure, moi non plus je ne voulais pas quitter la Maison. Chaque soir, avant de m’endormir, les portes du bordel le plus voluptueux du monde s’ouvraient à nouveau, m’offrant sa symphonie d’odeurs et de couleurs, boîte close et bienveillante peuplée de créatures fascinantes, essences de femmes faisant entrer dans leur monde ces hommes si peu héroïques, pour accueillir leurs failles, leur étrangeté, leur sauvagerie ou leur tendresse en manque d’expression.

Il est question de chair, bien sûr, du frottement des peaux et de leurs odeurs innombrables, de chair intime, de sexes gluants, de queues dressées ou molles, et de sperme se répandant parfois sur les cuisses vêtues de soie. L’auteure nous parle de ces client glauques ou flippants, de ceux qui transgressent parfois les limites du corps et de l’âme. Emma Becker ne fait pas l’impasse sur les aspects crus et pragmatiques, sur les capotes, les serviettes et les douches, comme si elle jetait les bases d’une réalité qui n’est ni belle ni laide, ni sordide ni enchanteresse.

Ce qu’elle fait découvrir, au fil de son récit, est bien au-delà de ça : elle nous parle du plaisir, pas seulement celui des hommes, mais aussi celui des putes, comment elles peuvent jouir follement, intensément. Sans proposer une vision totalement idyllique et candide du travail dans cette maison close, Emma Becker nous dévoile cependant un cocon de velours, un îlot précieux surnageant au milieu de la ville et du quotidien. Elle dit aussi – et le défend – pourquoi il est nécessaire que les bordels existent.

Car il est question, dans cet ouvrage, de nature humaine, des réalités intérieures de chacun : les putes sont aussi des mères, les clients sont parfois pères, les uns et les autres sont amoureux, les prostituées ont leur travail, les clients le leur, pourtant la vie, leur vie, vient à les mettre en présence, au cœur de cette maison où les clients comme les prostituées laissent parler leur moi profond.

On découvre aussi, dans ce récit, l’empire de la séduction, les variations infinies de son expression et les accents enchanteurs de sa voix : nuisettes et bas de soie, rouges rouges à lèvres et cils infinis, escarpins vertigineux et longues chevelures déliées ne sont que l’écorce visible de ces belles qui manient subtilement l’art de charmer : c’est une attitude dans le corps, une manière de se dérober ou de répondre cyniquement, c’est une façon d’être brutale et douce à la fois, de prêter son corps – et de faire payer ce service – sans l’offrir totalement.

Il est aussi question d’amour dans ce livre, celui qui prend toute sa place une fois que les corps ont exulté, l’amour dont les putes ont-elles aussi besoin et qu’elles font vivre dans ce difficile équilibre qui met en jeu leur corps public et leur sexe le plus intime offert, lui, et non vendu.

Mais La Maison, c’est avant tout le palais des sens : les odeurs surtout sont omniprésentes et s’attachent aux peaux, aux sexes, aux haleines de café ou de khebab ; les draps, le savon et les cigarettes sont autant d’empreintes olfactives qui tatouent la maison de leurs effluves disparates. La Maison, c’est une palette de couleurs, vives, fortes, presque écoeurantes, incarnations chromatiques de la nature des plaisirs prêts à être vendus.

Faut-il se questionner sur les motivations d’Emma Becker à nous livrer ce récit particulier pour lequel elle a offert, non sans plaisir, sa chair la plus intime ? Je l’ai fait, à plusieurs reprises, au cours de ma lecture. Jusqu’à ces pages sublimes qu’elle livre en fermeture de son livre, et qui rendent toute question dérisoire.

« Il ne se passe pas un jour, pas une heure à travailler sur ce livre sans que je réalise que j’ai sans doute choisi le mauvais côté de l’histoire. (…) J’aurais dû être un homme, bon Dieu ; dans ce cas précis, j’aurais dû être un homme. (…)

Je serais le biographe silencieux de ces prêtresses du rêve, qui comprennent tout sans le moindre mot, qui ne mentent jamais sauf pour être agréables. Je leur dirais des poèmes dans des langues qu’elles comprendraient ou non et qui les feraient sourire ; je leur raconterais ces livres dont elles sont les héroïnes, de cette époque où il n’y avait encore que des épouses ou des putains. Et je pourrais leur dire, puisque je suis un homme, que j’écris un livre sur elles, un livre où elles seront toutes belles, toutes héroïques, où l’ordure deviendra noblesse, et où il n’y aura pas d’ordure sinon celle qui fait irrémédiablement bander. »

Il y a encore cette bande son qui court chapitre après chapitre, cette playlist qu’Emma Becker nous offre, comme un supplément d’atmosphère, un rythme qui l’a parcourue. Je ne connais pas tous les titres, mais je me fais une joie de les découvrir.

Actualité littéraire

« Et vous m’avez parlé de Garry Davis », Frédéric Aribit

« Qui est Garry Davis ? Pourquoi ce nom dans votre bouche, ce soir, comme un leitmotiv d’objections à mes désenchantements ? Pourquoi un livre sur lui ? Vous ne savez pas vous-mêmes, dites-vous, mais vous voudriez pourtant me le présenter. C’est un bon début, je trouve. On ne devrait jamais présenter que ceux que l’on ne connaît pas. Du reste, c’est sans doute ce que nous faisons toujours, à notre insu. Buvez encore une gorgée, je vous en prie, et racontez-moi son histoire tandis que le soleil descend et que je réalise non sans un léger trouble que sous la table, tout en parlant, vous avez ôté vos chaussures. »

L’histoire aurait pu être celle d’une rencontre d’un soir, entre le narrateur désabusé et la belle Julia, dans un bar sur la plage de Guéthary, ou seulement celle de Garry Davis qui, en remettant son passeport américain aux autorités, devint le premier citoyen du monde.

Ce sera l’une et l’autre, dans un emboîtement, et un nourrissement mutuel.

Frédéric Aribit s’accommode fort mal des carcans littéraires : il n’aime pas les frontières, celles qui séparent les Hommes et les formes. Que ce soit dans « Trois langues dans ma bouche » ou « Le Mal des ardents », et maintenant dans ce nouveau roman, l’auteur a montré – et il le reconnaît volontiers – qu’on peut écrire un roman, le dérouler dans une langue éminemment poétique, et aller se frotter par moment à des formes plus académiques que sont l’essai ou le documentaire.

C’est un virtuose de la forme, son roman est habilement architecturé, mais son vrai talent, est de donner du sens à la structure originale qu’il a choisie (on pense immédiatement au « Cul de Judas », de Lobo Antunès, qu’il salue d’ailleurs à l’aube de son récit).

Ainsi, cette mise en abîme vertigineuse, avec laquelle il ouvre son roman, cette réflexion sur la destinée. « Le rêve d’une vie n’a pas d’origine », phrase sublime qui, à elle seule, place l’histoire qui va nous être racontée dans une autre histoire qui la dépasse : la vôtre, la nôtre, notre histoire à tous, celle du monde. Frédéric Aribit parvient à créer de la porosité entre la destinée de Garry Davis, celle du narrateur et celle de chacun. Il pose aussi la question du choix, de la conviction. A travers les actions jusqu’au-boutistes de cet « énergumène » aux cheveux roux, en nous racontant l’engouement suscité par ses théories et ses ambitions hors-normes auprès d’intellectuels et de simples citoyens qui le soutiendront dans sa révolte pacifiste, l’auteur nous encourage à questionner notre identité et notre engagement. A quoi serions-nous prêts à renoncer pour qu’un monde plus juste puisse advenir ?

Et de nous livrer, dans ces temps si particuliers, où les corps s’évitent dans l’espace public, où des frontières de peurs séparent chaque individu de l’autre, ces mots sublimes :

« La frontière relie autant qu’elle sépare, au contraire des murs. C’est la peau des peuples, Julia, comme la vôtre, comme la mienne, avec la douane de nos orifices où nous échangeons déjà. Ce par quoi chacun existe, par contraste et par frottement. Elle est aphrodisiaque, la frontière, invitation au voyage, au dépaysement, à la reconnaissance que je n’existe que parce que l’autre existe, parce que vous existez. »

Au-delà donc du récit de la vie incroyable et admirable de cet apatride volontaire, par-delà les valeurs mondialistes et pacifistes qui résonnent si fort dans nos questionnements et nos inquiétudes contemporaines sociétales, il y a, en filigrane, les interrogations plus intimes que nous posons sur notre destinée, si humble soit-elle. La grande histoire qui nous est contée n’est jamais désincarnée, elle vient constamment réinterroger le présent.

A ce jeu-là, Frédéric Aribit est très habile : il parvient sans peine à nous interpeller, à nous intéresser aux actions de Garry Davis, en les plaçant, chacune, dans une constellation d’événements et de figures mondiales essentielles, il nous entraîne avec lui dans l’histoire folle d’un homme qui rêvait, comme certains d’entre nous encore, d’un monde meilleur et plus juste. Et quand notre empathie pour ce fou lucide est à son comble, c’est à ce moment-là que l’auteur, nous rattrape au vol pour nous ramener sur cette plage du pays basque, face à cette jeune femme qui n’en finit pas de le séduire.

Il nous offre alors, dans une langue éblouissante, des moments gorgés de sensualité : le récit se fait chair, l’histoire se fond dans l’intensité du moment, et le romancier sait alors convoquer les lumières, les odeurs, faire focus sur la bouche de sa compagne d’un soir. Le goût des couteaux à la plancha et du Chardonnay palpitent dans nos bouches, tandis que la bande son et la guitare de Gilmour permettent aux deux protagonistes de suspendre leurs mots, de boire une gorgée de vin, et d’ôter lentement, comme une danseuse en plein effeuillage, le voile de leur intimité.

Le procédé est éminemment cinématographique : raconter une histoire du passé, en ricochant sur un moment du présent qui suit sa propre ellipse temporelle, beaucoup plus courte celle-là, qui prendra fin en même temps que la grande épopée qui nous est narrée. Ainsi l’auteur joue-t-il avec les fils de sa narration, tenant son lecteur en éveil, le rendant attentif aux événements.

Zoom arrière, zoom avant, procédé captivant qui, encore une fois, ouvre l’histoire. Les histoires.

Mais si l’auteur nous ramène régulièrement dans le présent, comme on taperait ses pieds sur le sol pour être certain d’être bien ancré, c’est pour y faire passer, à travers un miroir révélateur, la fiction qu’il déroule, lui donnant ainsi des échos imminemment actuels. L’histoire de Garry Davis prend sens à travers la sienne qui se déroule en creux, en éclats de souvenirs.

Parallèlement, les certitudes du narrateur s’ébranlent : dans les mots de Julia, que nous n’entendrons pas, on perçoit la beauté de la vie, la croyance en de possibles horizons, la force qui émane de son « petit corps d’oiseau ». Le destin de Garry Davis qu’elle expose avec pugnacité, vient contrer obstinément la mélancolie résignée de cet inconnu à qui elle va offrir, du bout de ses lèvres rouges, quelques bribes de sa vie.

« Garry Davis est un fiction ». Et pourtant, malgré cette affirmation qui reviendra, telle un leitmotiv, l’histoire du pacifiste mondialiste s’incarne, prend chair à travers la présence de Julia, qui la met au monde, en accouche littéralement, le temps d’une soirée, sur cette terrasse « au bord du monde ». L’histoire s’engouffre et jaillit à la fois de la bouche de Julia, passeuse hypnotique de la vie de Garry Davis.

Il y a aussi, dans ce roman, la beauté de la rencontre, son hasard merveilleux, les fragilités qu’elle révèle, ces morceaux de soi qu’on a envie d’offrir mais qu’on retient en espérant qu’ils se déverseront à la faveur d’un moment d’ivresse.

Séduire, aimer, se séparer, espérer, abandonner : l’histoire d’un amour déchiré et celle d’une rupture annoncée serpentent et s’enroulent autour de Julia et du narrateur.

L’amour, et le moment de l’amour qui aspire le monde et les corps, remplit intensément le présent. Le désir, liqueur délicieuse, qui vient surprendre et capturer les sens du narrateur. L’espoir désespéré de garder en lui l’évanescence de l’intensité du moment : « Mais cela au moins, nous l’aurons vécu, n’est-ce pas ? Cela au moins aura été, entre nous tous, entre nous deux, avant que tout se dissipe encore dans le chaos d’absence ordinaire qui nous tient lieu de présent. »

Amour sublime, enfin, noyade éperdue dans cet emmêlement infiniment tendre, sur cette plage de Guéthary, où l’auteur nous livre le fantasme d’une nuit d’amour, la plus douce qui soit, la pénétration d’un sexe dans l’autre d’une tendresse infinie, qui mène de la vulve au cœur. Au-delà de la jouissance, de la frénésie du frottement, l’épanouissement de la chair intime, le creux et le plein noués comme une évidence.

« Garry Davis est une fiction », mais le réel ne l’est-il pas aussi ?

Dans les mots flamboyants de Frédéric Aribit, dans les ondes sensuelles de ses phrasés poétiques, il y a, par-dessus tout, ce goût intense pour la beauté. C’est aussi ça que j’emporte avec moi.